Soul Voyage

 

Descendant du Hard Bop, le style  Soul Jazz est apparu à la fin des années 1950, dans le sud des Etats-Unis.

Proche du Rhythm and Blues, cette musique emprunte au gospel ses caractéristiques instrumentales, puisant son inspiration dans les origines du blues.

 

Au lendemain du bebop, sur des phrase et soli moins complexes que ceux du hard bop, le style soul jazz est en quelque sorte un retour aux origines et aux racines premières du jazz.

Les premiers musiciens adeptes de ce style sont Cannonball et Nat Adderley, Horace Silver, Stanley Turrentine, Grant Green et, bien sûr, l’organiste Jimmy Smith. 

Forts de leur expérience et de leur pratique dans différents styles de jazz, les musiciens du projet « Soul Voyage »  ont constitué un répertoire de compositions originales s’inspirant de l’univers de cette période.

Comme précédemment, l’orgue Hammond occupe une place prépondérante dans les arrangements.

Une autre originalité consiste à avoir introduit un harmonica dans l’instrumentation. Il est utilisé ici non pas comme un instrument qui colore çà et là la musique mais bien comme faisant partie à part entière de la section de souffleurs.

Vincent Romain (Guitare), Michel Mainil (Saxes), Maxime Moyaerts (Orgue), Olivier Poumay (Harmonica), Antoine Cirri (Drums).

Aujourd’hui, l’amateur de jazz jouit rétrospectivement de cent ans d’histoire, puisque le premier enregistrement remonte à 1917, avec L’Original Dixieland Jazz Band. En jouir et d’autres jouer, en s’adonnant à la réexploration créative, un mouvement qui fut déjà initié au début des années 1980 par les néo-boppers ; ici, les cinq protagonistes de Soul Voyage ont opté pour une certaine simplicité plutôt que pour les thèmes acrobatiques venus du be bop. Car le soul jazz, dans le sillage du hard bop des années 1950, recherchait la fraîcheur et l’efficacité communicative issue du gospel et du blues. Ses plus belles réalisations se sont déployées de 1960 à 1975, avec Jimmy Smith, roi du Hammond B 3, Horace Silver, Lonnie Liston Smith, Lou Donaldson, John Patton, Richard « Groove » Holmes, Grant Green, les frères Adderley, etc.

 

Soul Voyage, ce sont des complices de longue date – Michel Mainil et Antoine Cirri d’un côté, Olivier Poumay et Vincent Romain de l’autre –, et l’injection de sang neuf avec le bientôt trentenaire Maxime Moyaerts. C’est chaleureux, ça vibre d’un bout à l’autre et fera certainement vibrer la fibre nostalgique de ceux qui ont eu la chance de connaître ce temps. Il ne fallait cependant pas simplement copier/coller, raison pour laquelle un répertoire de compositions originales est proposé ici, mais avec un tour de force : quand je les découvris en concert la première fois, j’aurais juré entendre des morceaux inconnus de l’époque ! Respect de la tradition et inventivité voisinent aussi dans la formule instrumentale : saxophones ténor et soprano, batterie, guitare et surtout orgue Hammond pour la première, harmonica comme autre instrument à vent pour la seconde. On se délectera du groove de Povo et Lime And Chili, de la ballade Sweet Jail, du thème épuré de Sunshine Alley, ou encore de la valse From self to self qui rappelle l’ambiance de l’album « Affinity » de Bill Evans. Bon soul voyage !

 

Bernard Legros

Essayiste

"Soul Voyage"

Michel Mainil - Vincent Romain Quintet

Igloo Records

 

Pochette de CD pour un album de soul jazz, paru sur le label belge Igloo Records.

L'idée de l'illustration était de mettre en avant la fraîcheur du style de jazz appelé "soul jazz", qui a connu ses heures de gloire dans les années 60 et 70. Pour moi, cette musique a toujours été estivale et rythmée, quand elle ne donnait pas dans l'orchestration plus "velours" avec des cordes.

 

A cette époque, l'emploi de photos et de portraits devenait de plus en plus fréquent sur les pochettes d'albums. Certains labels, comme Blue Note par exemple, faisaient même appel à des agences de mannequinat. Aussi dans les années 60, le peuple afro-américain commençait-il à revendiquer fièrement ses origines, parmi de nombreux exemples le célèbre "Say it loud, I'm Black and I'm proud" de James Brown. De sublimes portraits de femmes de couleur commençaient alors à illustrer, en couleur, les albums de jazz.

C'est dans cette optique que j'ai opté pour une femme noire pour la pochette de "Soul Voyage", en référence à cette époque, portant un maillot de bain un brin rétro. La thématique du voyage est représentée par la barque et l'horizon infini, autant d'éléments horizontaux qui connotent un certain apaisement en lien avec le titre du disque.

J'ai eu la chance de pouvoir travailler sur ce projet, qui sort sur le prestigieux label belge de jazz Igloo Records (Philip Catherine, Jacques Pelzer, Steve Houben, Charles Loos, Maurane, Mélanie De Biasio, Antoine Pierre, etc.)​. Pour maintenir une ligne graphique en lien avec le label, l'illustration a été découpée comme un pochoir et est mise en avant par le fond blanc, frais au possible.

Antoine Walraevens - Cover design

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